finespirits.auction Edition#3
SOUS LE SIGNE DES EXTREMES

Troisième vente aux enchères FSA

 

C’est sous le signe des extrêmes que se sont déroulées les enchères de la troisième édition de Fine Spirits Auction vendredi 9 avril 2021. Les éditions se suivent mais ne se ressemblent pas. Ainsi, des écarts se creusent, de nouveaux profils émergent et des choix s’opèrent. Ce qui est certain, c’est que compromis et demi-mesures ne furent pas de la partie cette fois-ci. Ce fut tout, ou rien !

BÊTES D’ENCHERES !

OK. Le ton était donné dès le départ avec The Macallan 1938 Red Ruban, magnifiquement conservé, il faut le souligner. Une édition qui, sans surprise, est partie au niveau de l’estimation haute, 14 160€. Celle-ci a longtemps été talonnée par Glenury Royal 1953, qui aurait pu monter un peu plus mais qui réalise une performance honorable à 7 788€. Cette seconde place lui a été dérobée par un mastodonte, Yamazaki 1993 « The Elephant », qui, campé sur ses quatre pattes, a affolé les compteurs avec une superbe mise à 11 800€ ! Il s’agit là de l’enchère la plus importante remportée à ce jour par cette édition, qui franchit avec brio un palier symbolique pour tout flacon de collection. En quatrième position, « Ama The Fisher Girl », une version millésimée 1977 de Karuizawa, devenue très rare désormais sur le marché des enchères et qui a rapidement creusé l’écart (7 700€) avec la cohorte des Karuizawa et Asama qui l’accompagnait au départ.

A noter également les très belles performances de : Glendronach 1972, Sherry Butt 713, des Port Ellen Annual Release, boudées lors de la deuxième édition de FSA et qui cette foi-si ont toutes trouvé preneurs et ont dépassé les estimations hautes.

CARONI & DEMERARA, L’EXCELLENCE A L’ITALIENNE

Velier, Velier, Velier, Bristol, Silver Seal et … Chantal Comte ! Voilà dans les grandes lignes ce à quoi peut se résumer la partie jouée entre les rhums sur cette troisième édition. La vérité est qu’il n’y en a jamais assez ! Plus sérieusement, au sein du clan Velier, si Caroni 1991 « Carnaval Edition » a remporté la plus forte enchère (2 478€), il faut avouer que ce sont les Demerara Rum : Enmore, Diamond, Uitvlugt, Albion et Blairmont qui ont été de loin les plus plébiscités des enchérisseurs. Rien à moins de 500€ alors que certains Caroni sont encore en deçà de ce palier. A quand un Skeldon ?!

Mais la surprise vient de Chantal Comte 1980 Of. Brut de Fût avec une mise à 1 050€ et pas moins de 19 enchères. Un très beau résultat.

RARE MALTS & THE STILLMAN’S DRAM

Nous avions mis en avant ces deux gammes dont l’approche et l’esprit sont diamétralement opposés et qui ont rencontré leur public au cours de cette vente.

Rare Malts Selection : Sur la trentaine de flacons présentés, tous ont trouvé acquéreurs. Seuls deux flacons sont partis à l’estimation basse. Tous les autres se sont situés dans la fourchette basse et haute. La palme revient à Brora 20 ans 1982 avec l’enchère la plus haute (1 475€) et Royal Lochnagar 30 ans 1974 pour le nombre d’enchères reçues (13).

The Stillman’s Dram : Essai marqué pour cette gamme qui dispose d’un fort capital sympathie pour ses mises en bouteilles, avec une mention toute particulière pour ses whiskeys irlandais pour lesquels le combat fut âpre, avec plus de 66 enchères réparties sur quatre versions, dont Siobhán 27 years 1989 The Stillman's (20 enchères) et une mise remportée à 401€, bien au-delà de l’estimation haute.

LE JAPON NE FAIT PAS EXCEPTION !

D’aucuns pourraient croire qu’au sein de la catégorie des whiskies, tout ce qui porte mention « Japon » serait touché par une forme de grâce naturelle et que la seule présence de ce sésame sur une étiquette serait un gage de qualité et d’authenticité, deux attributs essentiels quand il s’agit de soumettre ses propres bouteilles aux enchères.

Si l’origine « Japon » jouit toujours et encore d’un a priori positif non négligeable auprès des amateurs - qu’ils soient collectionneurs et/ou consommateurs - force est de constater qu’au Japon comme ailleurs, l’habit ne fait pas le moine et cela se ressent fortement au moment du test et de l’épreuve que représente une vente aux enchères.

L’apparition sur nos marchés d’une multitude de marques de pure malts et de blends au cours des cinq dernières années a suscité de nombreuses interrogations et une nécessaire réflexion au sein de la profession, sur ce qu’est véritablement un whisky japonais. Les positions prises et les annonce faites par l’Association japonaise des producteurs de liqueurs et d’alcool juste avant la troisième édition de Fine Spirits Auction sont venues clarifier certaines pratiques traditionnelles et poser un cadre plus restrictif afin d’obtenir l’appellation « whisky japonais ».

Pour ceux et celles qui avaient identifié ce segment comme un axe potentiel du développement d’une collection, le résultat pourrait laisser un goût amer.
Ironie du sort, l’application de cette nouvelle législation, effective depuis le 1er avril dernier (et ce n’était pas un « poisson d’avril » à la nipponne), va de facto placer ces marques dans la catégorie des bouteilles de collection. Leurs étiquettes témoignent d’une pratique désormais révolue car inadéquate avec l’appellation nouvelle « whisky japonais ». De là à ce qu’elles prennent de la valeur… Au rayon du whisky japonais, il y aura donc un avant et un après 1er avril 2021 !

Au Japon comme en Ecosse, les prises de valeurs sont portées principalement par des flacons de type : single malts arborant le nom même de la distillerie qui les a vu naître, en édition limitées et/ou single casks, souvent millésimés ou âgés, avec un profil marqué soit par le sherry, la tourbe ou un affinage. Exception faite des blends et pure malts : Hibiki et Taketsuru.

Pour cette troisième édition, le fossé se creuse entre la catégorie des single malts japonais et celle de blends et pure malts.

La première, placée en orbite depuis une dizaine d’année, semble évoluer dans un espace sans limites de prise de valeur comme en attestent les enchères portées sur Karuizawa 1983 White Warrior (6 962€) et Yamazsaki 18 ans, qui ne cesse de croitre (700€).
Les distilleries les plus récentes, dont Chichibu, confirment leur position et semblent avoir atteint un premier plateau (900€). Si elles bénéficient d’une prise de valeur plus lente, elles n’en demeurent pas moins très solides et saines. En cela, elles constituent un réel vivier de valeur futur que seul un écart au niveau de la qualité de la maturation d’une édition à une autre peut remettre en cause.

La seconde catégorie, pure malts et blends, est la plus aléatoire. Il faut cependant distinguer les produits des deux « frères ennemis » que sont Nikka Whisky et Suntory qui, quelles que soient les circonstances, maintiennent leur position (Taketsuru) et parfois même en améliorent le résultat (Hibiki), de ceux de producteurs plus confidentiels et leurs marques : Kaiji, Kamiki, Koshu…
A noter que les assemblages d’Ichiro Akuto (propriétaire de Chichibu et créateur de la fameuse Hanyu Malt Cards Serie), Wine Wood Reserve et Double Distilleries ont été boudés cette fois-ci.
Mais ce n’est que partie remise !

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